III- 11 septembre, 21 avril… Quelle histoire !


Soubresauts, Temps critiques

Passé et présent
En juin 1991 nous écrivions1 : « Pour les pays dominants, les guerres ne sont plus menées d’un point de vue national car il n’y a plus de territoire à défendre contre un ennemi extérieur, depuis la fin de la politique des blocs. En outre, l’universalité du capital et la « libre » circulation des hommes ont depuis longtemps violé « l’intégrité » nationale. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait plus d’intérêts nationaux, mais ceux-ci s’inscrivent immédiatement dans une logique mondiale qui les (...)

Le capitalisme, un sens du monde, Yves Dupeux

Il me semble moi aussi, comme vous le dîtes au début de « Soubresauts » (p. 3), que les États-Unis ne dominent plus le monde sous la forme de « l'impérialisme américain ». Si tel est bien ce que montrent les événements récents, cela n'exclut cependant pas, pour les États-Unis, la prédominance d'un « intérêt », dont on ne sait pas encore jusqu'où il sera poussé. Mais rien ne dit que cet intérêt soit « national » et en tout cas croire que les États-Unis ressortiront grandis en leur identité (...)

La contre-rationalité ambiante, Hipparchia

(…) Je t’envoie un des quatre textes en français que l’on trouve sur le site Krisis.org, de Kurtz justement, dont vous devez connaître le « Manifeste contre le travail » paru chez Léo Scheer. Je pense que vous appréciez comme moi la justesse et la précision de beaucoup de points de leur critique, notamment le descriptif du monde clos que constitue le monde de la valeur, malgré les efforts déployés par la propagande pour mettre en scène un « ennemi extérieur » à même de dégoûter et détourner toujours (...)

Chronique d’une excrétion, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

Plus tu es heureux mieux t’acceptes les autres
si tu t’aimes un peu, alors t’aimes les autres
c’est pas question d’orgueil, c’est question de repos
si t’as envie de vivre, tu décourbes ton dos. Morice Bénin
Dans la société de classe moderne, à l’époque où la classe du travail n’était que formellement subordonnée à la classe bourgeoise, les diverses expressions politiques du socialisme trahirent rarement leur camp : celui des luttes révolutionnaires anticapitalistes. C’est seulement lorsque le mouvement (...)

Confirmation, Jacques Wajnsztejn

Globalement, les élections législatives n'infirment pas notre texte, bien au contraire. Voici quelques points que j'ai relevés :
1 – Le discours alarmiste a entraîné deux conséquences qui peuvent paraître contradictoires : un vote utile d'un côté et plus d'abstentions de l'autre. Comme disent les médias c'est le signe d'une plus grande cohérence politique (sous-entendu, nous entrons enfin dans la « majorité » politique que confère à tout grand pays démocratique, la forme (...)

Imprévu, Loïc Debray

Votre texte « Chronique d'une excrétion » est une nouvelle illustration de l'incapacité générale des organisations politiques et des groupes constitués, pour ne rien dire des partis étatiques, à saisir et comprendre une situation lorsqu'un imprévu survient.
Au lieu de repérer et penser, dans une telle situation, un point d'hétérogénéité, d'exception, et d'en faire, si possible, une singularité, les organisations ou groupes politiques continuent à fonctionner comme si de rien (...)

Immédiatisme antifasciste, Jacques Guigou

Le trait principal de ton propos consiste à répéter une forme : celle de l'antifascisme. Tu en déclines les variantes fictionnelles (« le danger représenté par Le Pen », « l'étonnante profusion de propos ouvertement fasciste ou raciste ») et tu en récites les versets du dogme (« n'envoyez pas votre texte aux ouvriers », « les individus les plus fascistes sont dans l'appareil d'État »). À aucun moment tu n'abordes les contenus politiques et historiques en jeu dans ces événements. Tu (...)

Les Processions antifascistes, Patrick Vieilledent

Le communisme électoral est en voie de disparition, mais en mutation également. Grâce à Besancenot, il rejoint le flot du particularisme réformiste ! La révolution consiste aujourd'hui à désamorcer l'antimondialisation économique sans s'interroger sur la poursuite de notre domination étatique et son désespoir fasciste, ni surtout, sans tenter de comprendre les raisons de la destruction très rapide de toutes les richesses mondiales (la dévalorisation), qu'elles soient humaines, vivantes (...)

Anarchisme et subjectivités du capital, Jacques Wajnsztejn

Tout d'abord, il nous faut saluer un ouvrage qui a une certaine ambition, celle de vouloir fonder philosophiquement l'anarchisme, comme le marxisme a voulu se fonder scientifiquement. Ce fâcheux précédent ne poussait pourtant pas à l'aventure ! Au moins de par son titre, Le petit lexique philosophique de l'anarchisme nous oriente dans une direction précise, celle d'une théorie et d'un mouvement qui ont une histoire et nous évite la référence à la fade tisane libertaire dans (...)

La foudre, la faille, la poésie, Jacques Guigou

A la question qui nous est posée : “Où va la poésie après le 11 septembre 2001 ?”, nous répondons par une autre question : “Une telle question se pose-t-elle ?”. Non pas que la poésie ne soit pas atteinte et traversée par ces événements infernaux, puisque “rien du drame de son temps ne lui est étranger” (Saint-John Perse), mais au sens où elle y aurait perdu son chemin et devrait dès lors donner un nouveau cours à sa manifestation fondamentale.
Certes, demander où va la poésie après le 11 septembre (...)